Modelages
« Une sculpture n’est pas un objet, elle est une interrogation, une question, une réponse. Elle ne peut être ni finie ni parfaite », Alberto Giacometti.
Dureté. Résistance. La pierre a ses propres qualités. Elle est friable ou non.
Le marbre et le bois ont des veines. Le bois a aussi un sens... dans tous les sens du terme!
La terre respire, vivante. Fragile. Elle peut moisir aussi. Laissons-lui sa part de liberté singulière! Sinon, elle résiste, se cabre et le projet s’effondre. Les mains le sentent. Les mains le savent -qui la caressent et l’écoutent patiemment : surtout ne pas la brusquer ni la tordre ni la forcer. Elle est souple et tendre. Pour la creuser, il convient de la soutenir et de la soulager. La terre demande à être respectée.
Une miette de terre ajoutée ici, une miette de terre ôtée là, un petit trait estompé du bout des doigts… Modeler, sculpter, c’est manier un langage qui se cherche doucement et qui s’affine en avançant. Un dialogue intime se glisse entre la matière et soi. Il s’établit lentement en silence et en écoutant ses intuitions.
Faut-il façonner encore ou poser l’ébauchoir ? Le point final reste toujours un point de suspension à la grâce du doute. Mais, si elle émeut, si elle interpelle... peut-être, est-ce précisément lié à cette vulnérabilité et cet inachevé dans laquelle la sculpture puise sa force... En tout cas, poser l’œuvre n’est point l’abandonner; c'est admettre qu'elle restera parfaitement imparfaite.
Animaux