À ma famille, ma fille et mes petits-enfants si précieux.
À mes amis très chers ... Tous ceux en somme qui font ce que je suis.
Remerciements à :
* Noëlle Velly, mon amie sorcière bien aimée sans laquelle ce site n'aurait pas vu le jour !
* Sebastian Dewsbery, grand photographe, pour ces belles photos sur fond noir qui mettent en valeur mes sculptures. (insta: Xebadee)
- Sophie Rousseau, artiste peintre, professeur aux Arts déco, qui m'a fait découvrir les ressorts de l'encre; le travail des ombres et des lumières avec ce médium; et la technique du monotype. (Insta:sophierousseau.art)
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Ruben Fuentès, artiste peintre, représenté à Paris par les galeries Felli et Dumonteil.
Il continue à généreusement m'initier à la tradition millénaire de l'Art pictural asiatique, la peinture Zen. Il m'initie au Pomo et Sumi-e.
(Insta:rubenfuentesarte)
- Maître Jokwah Fong, Association Passeport pour la Chine ... l'art de tenir son pinceau pour peindre à l'encre de Chine. (Insta:passeport_pour_ la_chine)
- Pierre Mouchet, sculpteur,
Il fut mon maître en modelage aux
Ateliers Terre & Feu pendant 10 ans. (Insta: mouchet.pierre)
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Anne-Laure Bonpaix, Ateliers Martenot... Arts plastiques multi-techniques (2025)
- Cours du soir Modèles vivant aux Beaux Arts de Paris, (Années 1990).
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J'ai suivi des études en Lettres modernes; elles me destinaient à enseigner. J'ai préféré intégrer la Maison de la radio, très vite perçue comme une pépinière de métiers créatifs. "La supériorité de la radio sur la télévision est de ne pas avoir l'image. Il faut donner à voir en la créant", Correspondances. J'allais donc apprendre à écrire des tableaux sonores pour "donner à voir" en évoquant...
J'ai exercé différents métiers à Radio France et Radio France internationale : reporter, réalisatrice et productrice d'émissions ... Des émissions d'information et d'autres de fiction. Journaliste, j'ai également été responsable éditoriale de la page Culture puis de la page Sciences, pour le site web de RFi. Ce fut pour moi un Jardin.
Mes études de Lettres et la diversité de mes expériences professionnelles m'ont passionnée, forgée, grandie et enrichie. J'ai tout aimé de ce que j'ai fait jusqu'à ce jour et le parcours serait à refaire, je le referais. D'ailleurs, je le prolonge aujourd'hui : j'anime des ateliers d'écriture.
Pourtant... pourtant, j'ai toujours éprouvé une frustration cruelle. J'aurais aimé pouvoir vivre aussi de mes mains... La vie m'a bousculée autrement. Hormis une formation "Dessin Modèle vivant" (Années 1990, Ecole des Beaux-arts de Paris en cours du soir) et douze années d'atelier de sculpture à Terre & feu (Paris), je n'ai pas suivi à proprement parler de parcours d'études en Arts plastiques. J'aurais aimé. Cela faisait intérieurement partie de moi.
Depuis 2012, je m'approprie le temps autrement. Sculpture, un peu. Peinture, plus assidument. D'une curiosité gourmande et insatiable, je poursuis mes recherches picturales en solitaire tout en suivant des formations artistiques ponctuelles, courtes et ciblées. Longtemps affiliée aux Congés spectacles, je le suis toujours à la Société civile des auteurs multi médias (Scam). Après la Maison de la radio, Il me restait à rejoindre, la Maison des artistes. J'aime les "Maisons" !
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J'aime "les Maisons" et l'enfant gâté en a eu au moins deux, celle(s) de la famille et celle de l'école.
À l'école, rien ne me réjouissait tant que l'ouverture de l'"armoire aux fournitures". Elle était en bois et ses portes grinçaient. Sur ses étagères, étaient alignés des pots... et dans les pots, des odeurs!... L'odeur de la pâte à modeler, celle du papier, des mines de crayons, des petits pots de cette colle blanche qui sentait l'amande et puis encore celle des craies, de la gouache et du vernis!
Ouvrir cette armoire était en soi une promesse : tout enchantait mon impatience à toucher, malaxer, transformer et faire chanter... L'institutrice l'ouvrait. Réjouissance... Nous allions créer quelque chose avec nos mains !
L'été dans le Sud, côté paternel, c'était fête aussi que d'accéder à l'atelier de peinture du grand-père. Il était "interdit"... Y régnait une odeur forte de térébenthine. La peinture à l'huile tachait les habits. Le chevalet était en équilibre... Y reposait en général une toile... jamais de grand format. Sur la tablette, des tubes écrasés, des spatules et des pinceaux... Alors, "Ouste, les enfants, ne restez pas là!" !...
Transgresser et franchir la porte vitrée de la véranda était en soi magique. D'inspiration Al-Andalus, cette petite bulle de loggia tout en verre transparent était ornée de quelques vitraux que je revois bleu de Prusse et rouge carmin! Un espace restreint certes mais féerique. Suspendu au-dessus de la rue, face à un champ de vignes qui s'étendait à perte de vue... Le modeste atelier en verre était inondé de lumière... même lorsqu'il arrivait au ciel d'être gris ou chargé d'orage. Evasion enchanteresse. Je la ressens encore physiquement en l'évoquant.
L'hiver, ces mêmes grands parents "montaient à Paris". Leur appartement donnait sur une cour intérieure fort sombre. Mais tout s'éclairait différemment lorsque, sous la suspension, s'ouvrait quelquefois les boîtes de peinture à l'eau. Un autre monde s'ouvrait, offert à l'imagination.
Les odeurs de peinture avaient leurs saisons.
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Qui suis-je donc, me demande ce canevas ? Et bien, à vrai dire, je ne sais que répondre !
Qui sommes-nous ?... Plus qu'un C.V. et une fiche d'Etat civil en tout cas, non ?
Je suis donc ce que j'ai dit plus haut et tout ce que je n’ai pas dit car j'ai beau aimer les mots, je me sens souvent à l'étroit avec eux. Je suis la somme des émotions diverses que traverse une vie. Je suis une enfant de la ville qui puise des souvenirs puissants de nature chez ses grands parents maternels. J'aime l'odeur de la terre, sa majesté les arbres et la modestie des fossés sonores qui vibrent de toute une vie qui nous échappe. Je suis tout ce que je ne suis pas et que j'aurais aimé être... j'aurais aimé avoir la connaissance de la nature que mon grand-père paysan, lui, détenait. Il reconnaissait tous les chants d'oiseaux et leur répondait. J'aurais aimé détenir le savoir des ornithologues, botanistes et entomologistes. Et puis je suis la somme de tous les voyages que j'ai pu faire et de ceux que je continue de réaliser... Intérieurs et ailleurs, un peu partout sur les différents continents -avec ce tropisme très net pour l'Asie dont on retrouve des effluves dans mes peintures.
J'espère en tout cas, jusqu'au bout de ma vie, rester chercheur et arpenteur. Rester libre et n'être prisonnière d’aucune certitude académique. Garder une curiosité féconde. Continuer à regarder, observer, tester et découvrir. Toujours.
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Alors pourquoi "Raizonnances" ? Voici un nom de domaine entré en résonance avec mon patronyme -que j'aime... car la raison renvoie à la réflexion et l'esprit des lumières. Mon patronyme comprend toutefois une distorsion... Ce fameux "Z" auquel je suis fort attachée , insistant toujours sur "Raizon comme la raison mais avec un Z".
Ce "Z" me renvoie à une ligne brisée... Faut-il y voir un lien avec cette fameuse acceptation de l' "impermanence des choses de la vie"? Qui sait ! De facto, une ligne de vie n'est jamais droite... Résurgences, évocations, empreintes, échos, traces, cicatrices, réminiscences, frémissements, liens, filiations, chuchotements, correspondances, souvenirs, ruptures, résilience, bourgeons, repousses, réparations, reconstitutions, réconciliation…
L'art est pour moi, en somme, un merveilleux terrain de jeu, de beauté, de gaieté. Un espace merveilleux d'équilibre où rebondissent deux mots, logique et intuition... deux mots qui se donnent intimement la main. Leur entente libère celle dont j'ai besoin pour peindre, modeler et façonner. Murmurer.